• Prix Capitoul

Un dimanche poétique avec Nougaro !

Poète, auteur-compositeur, et interprète Français, Claude Nougaro s’est attaché toute sa vie durant à marier les styles et les mots.


Fils de Pierre Nougaro, chanteur d'opéra, et de Liette Tellini, professeur de piano italienne (et premier prix de piano au conservatoire), Claude Nougaro naît à Toulouse le 9 septembre 1929, près du boulevard d’Arcole. Il est élevé par ses grands-parents paternels dans le quartier des Minimes. Son grand-père Alexandre, planton au Capitole, et sa grand-mère Cécile, sage-femme, chantent tous les deux dans une chorale. À douze ans, il écoute Glenn Miller, Édith Piaf, Bessie Smith et Louis Armstrong sur la TSF qui, entre autres, l'inspire à suivre cette voie.

Après sa rencontre avec George Brassens, Claude Nougaro devient aussi poète.


Aujourd’hui chers lecteurs pour votre plus grand plaisir, le Prix Capitoul vous fait découvrir ou re-découvrir son poème “La Danse” (1977):


Petits chats, petits rats avec nos frêles os

Nous allions à l’école de danse

A la barre de chêne se pliaient les roseaux

De nos corps amoureux de cadences

La danse est une cage où l’on apprend l’oiseau

Nous allions à l’école de danse Face à la grande glace, petits canards patauds

Nous vivions pour le bonheur insigne

De voir nos blancs tutus reflétés par les eaux

Du lac noir où meurt La Mort du Cygne

La danse est une étoile, qu’elle est loin, qu’elle est haut

Sur les pointes on lui faisait des signes Dans un coin du studio, le piano convolait

Hardiment vers des prouesses russes

Et le plancher des vaches de son mieux décollait

Sous nos pieds ivres de sauts de puce

La danse est une bête, la sueur est son lait

Le désir, sa coutume et ses us Alors, chacun les bras en cœur, corps à couteaux tirés

Se tendait vers la ligne suprême

Vers les extrémités d’un ciel, d’un soleil délivré

De la nuit et de ses théorèmes

La danse est un espace où les ronds sont carrés

Où le temps, ô miracle, nous aime Sur des rythmes d’Astaire, des tambours brésiliens

Elle danse, la Danse, elle danse

Pas par pas, bond par bond, elle brise les liens

De nos poids épris de transcendance

Paysanne est la danse, le cosmos est son grain

En sabots de satin, le balance

Petits chats, petits rats avec nos frêles os

Nous allions à l’école de danse

A la barre de chêne se pliaient les roseaux

De nos corps amoureux de cadences

La danse est une cage où l’on apprend l’oiseau

Nous allions à l’école de danse.


Bon dimanche, l'équipe PC !

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