• Prix Capitoul

Interview écrite d'Elisabeth Ebory


Bonjour chères lectrices et chers lecteurs, vous vous demandiez ce que ça fait d’être dans la peau d'une jeune auteure ? Elisabeth Ebory est auteure toulousaine. Elle vous raconte son expérience en réponse à nos questions:




=>Êtes-vous toulousaine de naissance ? d'adoption ? ou de cœur ?


Je suis toulousaine d’adoption et maintenant de cœur. C’est à Toulouse que mes enfants grandissent et je regarde la ville rose à travers leurs yeux. Cela me permet de mieux la découvrir ! Elle participe, petit à petit, à mon imaginaire. Elle m’a permis d’écrire mon premier roman… Bref, je crois qu’en fait, Toulouse est une bénédiction pour mon écriture !


=>Les quelques biographies écrites sur vous sont assez mystérieuses, dites nous en plus (si vous le souhaitez): Êtes-vous toujours auteure à Toulouse ? et si oui, quels sont les avantages/difficultés d'un auteur toulousain en terme de visibilité pour le monde littéraire ?


Je suis toujours auteure à Toulouse. Je suis une « jeune » auteure : mon premier roman est sorti en 2017. L’écriture n’est pas mon métier principal. Après avoir fait de la vulgarisation scientifique pour le web, j’ai rejoint les rends des techniciens . Je suis aujourd’hui informaticienne.

Pour en revenir à Toulouse : en tant qu’auteure toulousaine, la première difficulté (pour moi qui débute) est celle de tous les toulousains : se déplacer dans les régions lointaines comme la Bretagne, l’Est, l’Auvergne… est compliqué ! Le train met un temps fou à vous amener quelque part… L’avion est cher si on ne planifie pas les choses assez tôt. Bref : pour aller faire des dédicaces, des salons ou des festivals, ce n’est pas toujours simple. Après de mon côté, j’ai de la chance car mon éditeur (ActuSF Editions) n’a pas peur de me faire bouger !

Mais il y a beaucoup d’avantages à être auteur sur Toulouse.


Actuellement, j’écris dans l’univers des littératures de l’imaginaire : dans ce domaine, les plus gros festivals ne sont pas du tout dans la région, mais il y a des associations qui se montent et qui bossent vraiment très bien chez nous (salon de l’ImaginaLivres) ! C’est un gros avantage d’avoir une dynamique jeune, ouverte et en plein devenir.


Il y a aussi de gros événements qui font de la place aux livres, comme Scientilivre, ou dans un autre genre le Toulouse Game Show. De nombreux salons du livre plus généraux permettent de rencontrer du monde (lecteurs, mais aussi bibliothécaires, associations, collègues auteurs) : salon du livre de Saint Lys, de MontGiscard – et beaucoup d’autres encore. Ces salons sont très ouverts d’esprits, ce qui permet un joli métissage de genres littéraires ainsi que des rencontres vraiment intéressantes.


Les auteurs de polar ont aussi beaucoup d’opportunité : maison d’édition orienté Sud Ouest, (Editions Cairn, basées à Pau), ou encore festival Quai du Polar…

De plus, Toulouse a une très belle offre de librairies : Floury Frères, Privat, Ombre Blanche, ou dans les domaines spécialisés Bédéciné, ou Série B, et bien d’autres. C’est une chance fantastique.

La région est dynamique dans tous les domaines : en littérature aussi ! C’est son plus gros point fort.


=>Combien de temps avez-vous attendu avant de présenter vos manuscrits à une maison d'édition ?


Pas assez longtemps ! Mais je suis quelqu’un d’impatient, alors…

Plus sérieusement, j’ai écrit beaucoup étant jeune. J’ai commencé à soumettre des nouvelles quand j’avais une vingtaine d’années. J’ai continué dans cette voix pendant une dizaine d’années, puis j’ai voulu passer au roman. La vie a fait que le premier a dû mûrir longtemps, puis a jailli comme une flèche. L’enthousiasme aidant, je l’ai envoyé très vite – trop vite, après une seule relecture. Et il s’est fait renvoyer dans les cordes avec une grande force… Il a donc fallu retravailler. Et retravailler encore. Et encore un peu. Et... il a été publié.

Entre l’envoi à Actusf et la publication de La Fée, la pie et le printemps, fin août 2017, il s’est écoulé 2 ans et demi.


J’en retiens une leçon importante : travailler, travailler, travailler. Travailler encore. Sans rien lâcher !


=>Selon vous, en quoi est-ce un tournant dans la vie d'un jeune auteur de gagner un prix littéraire ?


J’aimerais bien le savoir ! ;)

Je vais me baser sur l’expérience de mes collègues qui ont été primés : dans tous les cas, l’avantage est la visibilité qu’obtient immédiatement le livre qui a reçu le prix. Un prix fait connaître votre œuvre du moment, et votre nom. Cela peut faire re-décoller d’anciennes publications ou emporter votre carrière d’auteur pour longtemps. L’autre avantage, ce sont les relations que vous pouvez vous faire à ce moment-là : rencontrer les jurys est toujours intéressant. Il y a des événements auxquels vous participez grâce au prix… Et il ne faut pas oublier que les rencontres sont des moteurs dans cette activité.

Enfin, j’imagine que c’est assez agréable de voir son travail reconnu par des personnes qui fréquentent beaucoup l’écrit (lecteurs, éditeurs, journalistes, professeurs, bibliothécaires, et j’en passe).

Après, je pense qu’il ne faut pas oublier une chose importante , au-delà des prix et des récompenses : le lecteur. Celui qui vous lit. Et que vous ne connaissez pas. Écrire pour lui est fondamental.


=>Comment décririez-vous l'univers de vos ouvrages ?


Onirique, poétique, sombre, parfois drôle, voir rocambolesque.

Très sombre dans les nouvelles (comme le recueil A l’orée sombre) et très onirique dans la novela Novae.

Tous les qualitatifs précédemment cités sont parfaits pour le roman La fée, la pie et le printemps.

D’une façon ou d’une autre, tous ces écrits se rattachent au genre de la fantasy, sous genre fantasy urbaine.


=>Avez-vous de nouveaux projets d'écriture en cours ?


Oui : je tente de finir un deuxième roman, pour qu’il soit bientôt présentable à mon éditeur.


=>Un conseil pour les candidats au prix littéraire Capitoul ?


Lisez ! Bossez ! Lisez ! Bossez !

L’écriture s’arrache, comme beaucoup de choses, à la sueur de son front.