• Prix Capitoul

#Auteurtoulousain : José Cabanis


Connaissez-vous José Cabanis ? A part notre chère médiathèque ? Non ? Et bien, venez lire un petit article pour le découvrir !



L'auteur est né à Toulouse, le 24 mars 1922. Il étudie chez les Jésuites dans la ville rose, mais, il est renvoyé au milieu de l’année de philosophie pour mauvais esprit. Il redouble cette classe au lycée de Toulouse, où il a comme professeur Georges Canguilhem. Il mène ensuite une licence de philosophie et une licence en droit. C’est alors qu’une nouvelle chance lui permit de suivre le cours de Vladimir Jankélévitch. Il bénéficie d'une autre expérience : il est requis au titre du Service du Travail Obligatoire et se retrouva en Allemagne dans une usine d’armement de 1943 à 1945.


Lorsqu'il est revenu en France, il présenta un diplôme d’études supérieures de philosophie et poursuivit son doctorat en droit jusqu’à une thèse sur l’organisation de l’État d’après La République de Platon et La Politique d’Aristote. Quelques années avocat, mais sans succès, il devint expert près la cour d’appel de Toulouse, activité exercée pendant environ quarante ans, avec conscience et ennui.


Cependant, José Cabanis était un grand lecteur nourri de classiques : Pascal, Saint-Simon, Michelet, Rousseau, Chateaubriand, Sainte-Beuve, mais aussi des contemporains de prédécesseurs proches : Martin du Gard et le cercle des auteurs de la NRF, Jouhandeau, Proust, Mauriac et Green. Il en donnera quelques livres intéressants, vivants et souvent pénétrants.


Pour contrer l'ennui professionnel, il trouvait son bonheur en consacrant une partie de ses nuits à écrire. De 1952 à 1969, il publia dix romans, puis divers essais où se mêlaient littérature et histoire à partir de 1970. Il reçut plusieurs prix littéraires, avant de se voir attribuer le grand prix de littérature de l’Académie française en 1976. En 1990, un dernier roman, Le Crime de Torcy, constituait la conclusion de tous ses romans, conçus pour n’en être qu’un seul.


Élu à l’Académie française, le 21 juin 1990, au fauteuil de Thierry Maulnier (20e fauteuil). Son épée d’académicien était aux armes de Balma.


Il meurt le 6 octobre 2000 à Toulouse après avoir fait preuve d'un certain détachement vis à vis de son œuvre.


Le crime de Torcy :


Nathalie que le narrateur a connu jadis, vient d'être assassinée. Depuis longtemps il l'avait perdue de vue, bien que leurs demeures soient proches, mais dans les romans qu'il avait écrits il était facile de la reconnaître. Un juge curieux s'empare de ces livres, qui deviennent un élément de l'enquête et risquent de mettre en cause leur auteur, lequel se sent soudain traqué. Fiction et réalité s'en trouvent inextricablement confondues, d'autant qu'il s'agit d'un roman, ce dont on peut douter, il est en forme de journal intime, s'insérant dans plusieurs volumes autobiographiques déjà publiés. Où commence l'imaginaire, et qui est vraiment coupable ? Peut-être le jeune et beau jardinier des Cartes du Temps. Il a vieilli, comme Nathalie, et paraît avec les années être le maître de Torcy, dont il a fait le lieu de rencontre d'anges noirs, que pourrait avoir hanté le narrateur lui-même.

... lui magistrat, intouchable, tout-puissant, et moi en comparaison à peu près rien, un justiciable. S'il y avait tant de suffisance dans cette corporation, ils n'avaient pas tort, je serais sous clé le jour où ils le décideraient, ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient, jamais sanctionnés, jamais punis, auraient-ils envoyé dix innocents à l'ombre. Il ne s'est jamais vu qu'on demande des comptes à un juge. Celui-là professait des opinions tenues pour avancées, mais toujours, de tout temps, ce sont les révolutionnaires qui ont été les plus répressifs, les plus impitoyables. "


L'équipe PC